• La fin de la solitude

     

    Deux frères, une soeur, percutés par le décès accidentel de leurs parents, voient leur vie basculer. Placés dans un établissement mi-orphelinat, mi-internat, chacun va essayer de faire ce qu'il peut avec une vie où il faut grandir, devenir adulte sans avoir les points d'appuis que peut donner une famille. Le narrateur, est le plus jeune enfant, séparé de son frère et sa soeur, c'est de loin qu'il les verra prendre des chemins étranges. Lui-même, malmené, fragile aura bien du mal à prendre sa place, le temps de la fin de l'enfance et de l'adolescence. Ils se retrouveront, une fois adulte et réussiront à construire une sorte de protection entre eux et pour eux.

    Je n'ai pas été particulièrement séduite par ce texte. Je trouve que l'histoire d'amour contrarié du jeune Jules et le mélo de la fin sont "surjoués" et j'ai eu un peu de mal à m'installer dans le récit de la vie à l'internat. L'idée est intéressante, le ton est souvent juste pourtant...  smile

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  • Une exécution ordinaire  Marc Dugain

    De Staline  à Poutine, au travers de la famille Altman sur trois générations, on suit l'histoire de l'URSS devenue Russie. 

    Staline, sa terreur et sa Loubianka, c'est sous le règne de ce grand dictateur qui a tué par millions son peuple, que commence l'histoire de la famille Altman, quand la mère devient le médecin secret du grand chef. Le capitalisme sauvage et la corruption à tous niveaux et sans honte fait suite à ses années de collectivisme et laisse le peuple tout aussi exsangue. Pendant cette déchéance qui voit "l'éponge" Eltsine succéder à Gorbatchev, on suit la montée du petit Vladimir, digne rejeton du KGB.

    C'est le fils qui raconte l'hier et l'aujourd'hui, de la famille et des peuples soviétiques . Lui médiocre professeur d'histoire, dont la vie s'est racornie sous les coups du destin et d'une politique qui apprend à baisser la tête, doit toucher une somme d'argent remise par l'état en compensation . Compensation de quoi, c'est ce que nous découvrons au fur et à mesure du récit. 

    Un roman efficace ,qui se lit, qui n'est pas dénué d'intérêt mais qui manque de grandeur pour un tel sujet. Peut-être que mes lectures précédentes et récentes, La fin de l'homme rouge ou L'évangile du bourreau joue un rôle dans ce peu d'engouement.

    smilesmile

     

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  • La fièvre hexagonale  Michel Winock

     

    De la fin du XIXe siècle à Mai 68, l'auteur nous promène dans l'histoire de France de crise en crise. Crise et non guerre civile, on a l'impression qu'il s'en est fallu de peu, mais finalement ça tangue, ça vacille mais ça tient!

    Une presse qui pousse à l'émeute et amplifie des phénomènes marginaux, le personnel politique dénoncé pour corruption et incompétence,des gauches divisées, le rêve de l'homme providentiel, la tentation d'un régime "fort", les ingrédients sont en gros les mêmes de crise en crise. Pour l'auteur cette instabilité tient beaucoup aux formes de la troisième et quatrième république, pour autant la cinquième n'a pas échappé à mai 68... Le compromis n'a pas le vent en poupe dans notre pays, pourtant d'autres démocraties européennes le pratique  avec un certain succès. Doit-on remonter jusqu'à la révolution pour comprendre ? 

    Un livre d'histoire qui rafraichit la mémoire et éclaire notre présent.

    smilesmilesmile

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  • L'amour sans le faire  Serge Joncour

    Voilà un livre, et un auteur, qui était depuis longtemps sur ma liste des "à lire". Son titre m'avait interpellée moi qui serait plutôt pour le faire même sans. Cette suggestion me laissait perplexe. Je crois que je le suis tout autant après avoir fermé le livre mais pas pour les mêmes raisons. 

    Deux personnages, un homme, une femme, liés à un lieu, une ferme, au travers des liens qui les unissaient à leur dénominateur commun, un frère pour l'un, un conjoint pour l'autre, décédé depuis quelques temps. Par des chemins différents, ils vont de retrouver à passer quelques jours à la ferme. Pour l'un le retour est difficile, il a quitté la ferme, ses parents, pour vivre libre et revenir dans une famille où la parole est rare lui coute. Elle, elle a laissé dans cette ferme, son fils et ses meilleurs souvenirs.

    L'idée était intéressante, la réalisation moins. J'ai trouvé cette lecture un peu poussive, un peu creuse et je n'ai pas accroché aux deux personnages centraux. Pour autant ce n'est pas vraiment désagréable, juste l'impression d'une lecture qui s'effacera très vite. smile

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  • L'assassin des ruines

     

    Direction Hambourg en 1947 la guerre n'a pas laissé grand chose de la ville, si ce n'est des ruines, la misère et un vainqueur anglais.

    C'est dans ce décor sordide et un froid sibérien que l'on découvre un cadavre de femme dans les ruines. L'inspecteur Stave est chargé de l'enquête et se voit accompagné de deux collaborateurs, le commandant MacDonald et Maschke des moeurs. Le cadavre ne reste pas seul longtemps, trois autres vont apparaître. Stave est assez désemparé face à ces cadavres que personne ne recherche. Peu d'indices, pas de témoin, pas d'identité, une enquête complexe qui se déroule lentement, Hambourg est littéralement gelée, qui nous promène dans une ville fantôme.

    Tout est encore là dans l'Allemagne post-guerre, les nazis, les morts, la rancune envers les vainqueurs, la misère, la famine, la honte, un pays dévasté , ce roman est l'occasion de voir l'Allemagne d'après-guerre et de se réjouir du chemin parcouru en Europe depuis. smilesmile

    Challenge mauvais genre 

    Challenge globe-trotteurs : Allemagne

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  • L'île au trésor  Robert Louis Stevenson

     

    Long John Sylver, le pirate unijambiste, avec un perroquet sur l'épaule, rusé, cruel et qui s'en sort toujours, est le héros de cette aventure, racontée essentiellement par le jeune John Hawkins.

    Ah! Le monde de la piraterie, il y a ici tout ce qui correspond au mythe. Le récit se fait du côté des "gentils" mais le charme vénéneux de l'aventure coule dans le sang du docteur et du sieur et j'imagine mal Hawkins retourner dans son auberge à côté de sa mère... Ici, tous se sont payés une belle histoire, vivant ou mort, gagnant ou perdant ils ont vécu à fond, leurs yeux ont brillé pour d'hypothétiques pièces de huit et pour le mot magique "trésor". 

    Franchement, carte secrète, trésor, mer, rhum, bagarres c'est quand même plus palpitant qu'une vie tranquille au fin fond de la campagne anglaise, à tout prendre j'aurais été pirate ...et si possible Long John Sylver, le plus célébre smile

    A lire pour la plaisir de découvrir ou redécouvrir ces héros de papier, aventuriers de la mer et rêver à l'aventure, puis vite lire le Long John Silver de Larsson qui est la version "adulte" de ce personnage. smilesmile

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  • Né d'aucune femme Franck Bouysse

    Dans un temps non précisé mais qui peut être le XIXe, dans un milieu rural pauvre et rude, un père vend sa fille à un homme. Il ne la vend pas par méchanceté mais par nécessité, il faut bien manger! Le maître des forges a acheté Rose non seulement pour l'épuiser à la tâche mais  aussi pour assouvir d'autres besoins. Sans vraiment de défense, Rose va commencer à vivre un enfer qui va s'étoffer jour après jour. Un homme lui apportera un peu de chaleur le demi-frère du maître, mais cet homme est tout autant sous le joug du maître et de la mère de celui-ci, monstre féminin qui, sans en avoir l'air, manoeuvre pour tenir son projet. Rose, la rebelle, va réussir à faire vaciller quelque peu les choses ...

    Beaucoup de qualité pour ce roman, l'écriture, le personnage de Rose, le sujet et pourtant je n'ai pas réussi à rentrer dans le texte totalement, à être réellement émue par Rose et son histoire. Le monde rural décrit m'a fait penser à Jacquou le croquant, là aussi la puissance du maître ou seigneur est sans contre pouvoir .smilesmile

     

     

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  • Torrents  Christian  Carayon

     

    La découverte de morceaux de cadavres de femmes dans une rivière suite à des inondations, font réapparaître des fantômes dans la vie de la famille Neyrat. Parmi ces fantômes il y a l'amie du fils disparue un jour mais aussi les souvenirs, souvenirs lus et réinterprétés par la fille aînée qui va amener à douter du père, ce père médecin, taiseux dont la première femme est morte dans d'étranges circonstances. Puis peu à peu vont revenir les fantômes de la seconde guerre...

    Démarrant sur un mode thriller/polar bien balancé dans sa première partie, ce roman perd de son rythme et de sa puissance quand on passe à la seconde partie qui se fait plus sous forme de "confessions".  Une lecture rapide qui me laisse une impression mitigée. smilesmile

    Challenge mauvais genre 

     

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  • L'évangile du bourreau Arkadi et Gueorgui Vaïner

     

    La démocratie est toujours à défendre, à surveiller, à améliorer mais une fois refermé ce livre, je perçois nettement quand on est encore dedans et quand on n'y est plus.

    Ici, pas de démocratie, un délire de dictateur(s)où l'idéologie tient de la secte, le tout fonctionnant comme une énorme machine ( la chaudière qui réclame son dû comme le décrivent les auteurs) qui broie les hommes et les femmes partout, tout le temps.

    Bien sûr il y a la torture, les interrogatoires, les exécutions  sommaires, les faux procès tout ce qui laisse un goût plus qu'amer à la période stalinienne, mais c'est surtout la mise en place de la terreur qui est particulièrement bien décrite dans ce roman. Quand les prisonniers essaient de comprendre le pourquoi et qu'ils se heurtent à rien, aucune logique, aucun raisonnement, aucune preuve ne peut faire face à cette horreur qui tape au hasard, n'écoute rien, et ne fonctionne que pour mettre un peuple au pas en lui promettant qu'à tout moment on va lui tomber dessus. Le summum, si l'on peut dire, de cette terreur, c'est qu'elle existe tout autant pour les décideurs qui subissent le même mécanisme, en haut de l'affiche le matin, mort le soir. Il faut donc pour tenir ,comploter, dénoncer, tuer... et haïr l'ennemi de toujours, le juif, le youpin, le youtre, car l'antisémitisme de cette période et de ce pays n'a pas grand chose à envier à l'Allemagne d'Hitler.

    Le personnage du roman, ancien général ,  acculé par un personnage réel ou non, machiniste ou futur gendre, à moins que ce ne soit son cancer qui l'y pousse, voit ses souvenirs remonter à la surface. Et ses souvenirs sont peuplés de trahisons, de mauvais coups, de peurs, de morts sur fond de vodka et de femmes.

    Une longue lecture (770pages) pas vraiment facile, mais nécessaire, à croiser avec l'histoire du parti communiste français.smilesmilesmile

    Challenge globe trotteurs :  Russie 

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  • Les païens d'Irlande  Edna O'Brien

     

    Un narrateur, sans nom, raconte la vie d'un personnage, une enfant vivant dans un village irlandais. On découvre petit à petit les éléments d'une vie rurale, le voisinage, la pauvreté, l'alcool ...

    C'est une sorte de chronique faite de petits rien...tellement petits qu'honnêtement ce n'est pas une lecture palpitante et qu'une fois refermé il ne me reste quasiment aucun souvenir .

    Heureusement j'ai de bien meilleurs souvenirs de lecture d'autres romans irlandais!

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