• Zone 4  Eric Bohème

     

    Mieux vaut abandonner la morale occidentale pour aborder ce livre , on est loin  - très loin du fameux "me too" ! 

    Le narrateur Jean-Christophe relate la vie d'un groupe d'expats français       d' Abidjan pendant les évènements qui ont déstabilisé le pays .

    Et quelle vie !  La bite à la main, la tête dans les brumes de l'alcool, les billets dans la poche, ils chassent, en meute, la viande fraîche et féminine du pays. Des gamines, parfois même pas majeures, qui ont l'âge de leurs filles et qui ont besoin de l'argent des toubabs. 

    Sur fond de pauvreté, l'homme blanc, plus ou moins chauve, ventru, vieillissant, à la virilité en berne se refait une jeunesse en s'excitant sur de jeunes corps noirs, qu'il pense faits pour lui.

    C'est d'une tristesse affligeante pour ces jeunes filles, qui meurent plus que de raison du sida, de la tuberculose ou d'autre chose,  et tout autant pour ces hommes qui, tel notre héros, glissent dans quelque chose que je ne saurais définir mais qui les lobotomise un peu, la moiteur africaine peut-être , déjà évoquée dans d'autres romans...

    Pour autant , ce roman est captivant, écrit  sous la forme d'un journal , les chapitres sont très courts, le rythme est sec et rapide. On n'a qu'une vue partielle d'Abidjan, les quartiers blancs et la zone 4, mais on perçoit les soubresauts politiques et les liens qui relient les Ivoiriens entre eux, une image loin d'un prospectus touristique mais un éclairage cruel sur une réalité. smilesmile

    Merci aux éditions de la Lagune et à Babelio pour la réception de ce roman dans le cadre de masse critique.

    PS: Quand les hommes apprendront-ils que la vraie virilité c'est d'avoir du désir pour sa partenaire tout au long de la relation, dure-t-elle toute une vie  et non pas de tenir une comptabilité serrée de ses conquêtes ou seule l'excitation fait la bandaison ...

     

     

     

     

    challenge globe trotteurs  Côte d'Ivoire 

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  • Être sans destin  Imre  Kertész

    Je ne sais pas quoi dire de ce roman, douloureux, dérangeant, poignant, il nous renvoie, avec quelle force, à ce que peut être le sens de la vie.

    Un jeune adolescent de quinze ans, se retrouve embarqué de Budapest aux camps de concentration. Il raconte les trains, les camps d'une façon minutieuse, comme détaché de ce qu'il vit, de ce qu'il voit. La distance qu'il met avec son récit est parfois déroutante, de même quand il évoque la beauté du camp, ou les moments de bonheur. Pourtant il n'est pas stupide, il sait, ils savent tous, mais que faire de cette connaissance sur laquelle il n'a aucune prise...

    Ce récit est  presque inhumain par moment tant le narrateur raconte à distance ce qu'il a vécu.Il serait plus facile de pleurer avec lui sur ses souffrances mais il ne laisse pas de place pour ça. Ce jeune homme est bien humain et vit cette vie, qui quelle qu'elle soit est la sienne, ici et maintenant.

    Un livre troublant . smilesmilesmile 

    Challenge globe trotteurs : Hongrie 

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  • Un père pour mes rêves  Alan Duff

    Les guerres sont aussi des périodes où la vie d'individus lambda vacillent car tout bouge. La seconde guerre mondiale a, ici, dessiné un entrelacs de destins entre la Nouvelle Zélande et les USA.

    Une femme Maori, mariée, a mis au monde un enfant, né d'une union illégitime avec un Américain pendant que son guerrier et chef de mari était sur les champs de bataille. Le retour du guerrier est douloureux pour tout le monde, pour lui, humilié par la situation et incapable de la dépasser, pour elle qui prend les coups, physiquement, moralement, sexuellement, et pour l'enfant qui bien qu'adoré par sa mère se voit exclu au sein de ce qui est malgré tout sa famille.

    Pour tenir, il s'invente un père, héroïque, blanc, riche... Quand ce père, après de longues années de silence, écrit à sa mère, il doit s'adapter au père réel qui va lui apparaître peu à peu et qui est bien différents du père rêvé. 

    Ce roman, sans être exceptionnel, a l'avantage de nous promener entre différentes cultures et  différents pays. Il offre un beau panel de personnages et donne une belle part aux femmes et à la relation père/fils, sans oublier un contexte "racial" où les couleurs de peau détermine la place de l'homme. 

     smilesmile

    challenge globe trotteurs  Nouvelle Zélande 

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  • C'est dans la boîte

    Dans la boîte, un tueur en série spécialisé dans le meurtre de flics, voilà une idée qui pourrait tenir la route...

    Le découpage du roman se fait en trois parties , la première nous présente Jeff, un inspecteur, jeune, brillant, investi avec ses collègues sur la recherche du tueur. La seconde partie est organisée en huis-clos et enfin le final.

    Ce roman vaut essentiellement par son final, le problème c'est qu'il faut lire le reste pour y arriver. Sans que ce soit un "mauvais" roman , c'est un peu fade, avec une écriture qui se veut dynamique mais ne cache pas le manque d'épaisseur du scénario et des personnages.

    Pas très emballée par ce roman, qui ma paraît assez superficiel, un peu comme certains sketchs comiques, avoir une bonne chute ne dispense pas de travailler l'avant.smile 

    Challenge mauvais genre 

     

     

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  • L'énigme de Saint-Olav  Indrek Hargla

    Voici un polar historique dépaysant qui nous emmène dans la ville de Tallinn au moyen-âge.

    Dans cette ville en pleine expansion, où les ligues des uns et des autres et la religion tiennent le pouvoir , le meurtre d'un commandeur de l'ordre teutonique  déclenche une grande inquiétude dans la ville. Quand ce meurtre est suivi de plusieurs autres , tous s'interrogent sur le criminel. Le bailli, épaulé de l'apothicaire Melchior,se mettent à enquêter. Loin des techniques du XXIe siècle, sans courses poursuites, un peu à la Sherlock Holmes, l'apothicaire croise les indices pour résoudre l'énigme.

    Une enquête lente, qui permet de traverser la ville, les us et coutumes de l'époque et c'est un petit régal de se glisser dans ce monde.smilesmilesmile

     

    Challenge mauvais genre 

    Challenge globe-trotteurs  Estonie

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  • Le village en cendres Shen Fuyu

    Ce roman est un vrai plaisir . On se laisse voguer sur l'écriture de l'auteur qui nous raconte l'histoire de la Chine sur moins d'un siècle au travers des habitants d'un village.

    Chaque chapitre s'offre comme un petit conte, où chacun trouvera sa morale et les valeurs sous jacentes au texte. On découvre ainsi les habitants du villages de famille en famille et de générations en générations et l'on voit les liens se tisser entre tout ce monde.

    On n'est pas non plus dans la contemplation béate du passé, l'histoire-rude- de la Chine populaire traverse le village et intervient dans la vie de ces villageois. Rien n'est raconté de manière sanglante car ce n'est pas le ton de ce roman mais c'est là, présent, entre une feuille de ginkgo et un bol de riz...

    Un texte très agréable qui m'a bercé tout en m'ouvrant à une Chine rurale et à ses valeurs culturelles. smilesmilesmile  

     

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  • Apocryphe   René Manzor

     

    Et si Jésus avait eu un fils, et s'il n'était pas mort... et si... 

    Ce roman nous amène à revisiter les débuts de ce qui n'était pas le christianisme. Un voyage dans le temps fort bien mené, des personnages dont le nom a déjà été entendu prennent chair sous la plume de l'auteur et quelques soient les miracles et arrangements qu'il nous propose on se laisse happer par ce thriller. smilesmile

     

    Challenge mauvais genre 

    Multi-défis babelio item 17 - Un livre abordant les thèmes de la religion, de la spiritualité, du mysticisme ou de l'ésotérisme

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  • Otobre

     

    Pas toujours évident de tenir 600 pages pour un roman policier...ici c'est  réussi : l'enquête et ses rebondissements tiennent dans la longueur , les personnages sont bien campés et l'auteur tient son lecteur  jusqu'au bout .

    Danemark, en octobre, on retrouve un cadavre de femme à qui il manque une main. Un duo de flics se met en place, l'une veut quitter l'équipe pour un service plus prestigieux, l'autre a échoué là après avoir été viré d'Europol. Pas vraiment une équipe de choc , pourtant ils vont devoir travailler à fond sur cette enquête qui va accumuler d'autres cadavres et renvoyer à la disparition d'une fillette un an avant et finalement à des évènements ayant eu lieu bien longtemps avant.

    Le commissariat est traversé de tensions, ambitions des uns, jalousie des autres, exigences politiques qui sans être exacerbées ne facilitent pas le travail et les prises de décisions. Si l'on ajoute qu'une ministre est concernée par l'affaire , on sait que l'on marche sur des oeufs pour ne heurter personne.

    Thulin et Hess se dessinent peu à peu et sont de bons personnages de flics, pas très doués dans les relations humaines, elle un peu bravache genre je ne m'attache pas, lui un peu paumé, blessé et pas tout à fait dans les clous. Le duo prend ses marques au fur et à mesure de l'intrigue et j'espère les retrouver dans un prochain roman.

    En conclusion un excellent roman policier qui se lit sans reprendre son souffle. smilesmilesmilesmile

    Merci à Babelio et à Albin Michel pour ce très bon moment de lecture .

    Challenge mauvais genre 

    Challenge globe trotteurs : Danemark

     

     

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  • La saga de Yousas  Youozas Baltouchis

    Délicieux petit voyage dans une Lituanie qui n'est pas encore vraiment la Lituanie mais un pays dont s'empare ses voisins à tour de rôle. Sur fond d'instabilité politique, avant, pendant et nous le savons après, ce joli roman nous entraine sur les pas de Yousas. 

    Yousas, abandonné par celle qu'il aime refuse de se remettre de son chagrin et décide de s'installer sur des terres isolées dans les marais . De là, il se refait une ferme, rondins de bois pour la maison, sauna, miel et ruches, récoltes, naissance des veaux, la vie de Yousas s'écoule au rythme des saisons et du travail à faire. A vivre coupé des autres , il finit pas être très isolé et à ne rien connaître de ce qui se passe en bas. Les modes, les mouvements politiques, les nouvelles lois, lui sont inconnus et font de lui une sorte de naïf qui  n'entend rien changer à son mode de vie. Pourtant les évènements, massacres et guerres amènent toujours quelqu'un de nouveau qui veut se cacher chez Yousas, dans le marais, là où on peut échapper à ses poursuivants. Yousas choisit qui il aide ou pas de façon pas toujours très évidente, sa logique est toute personnelle et il traversera les différents conflits en équilibre sur un fil sans même s'en rendre vraiment compte.

    C'est une lecture très agréable, un petit roman simple, qui donne envie de découvrir ce marais, sa faune, sa flore et sa vie secrète. Yousas est un beau personnage de paysan, obtus et replié sur lui même et le récit de  l'histoire des pays Baltes, ici plus particulièrement la Lituanie , nous montre combien il était difficile d'être du bon côté du manche quand on est envahit par les tous ses voisins . smilesmilesmile

    Challenge globe trotteurs  Lituanie

     

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  • La Fin de l'homme rouge Svetlana Alexievitch

    Un gros pavé de 650 pages à lire si le mot URSS évoque quelque chose pour vous. C'est un recueil de témoignages, des tranches de vie d'hommes et de femmes soviétiques, qui nous livrent, grâce à l'écriture de l'auteure, une mosaïque de portraits et de vies dans la Russie soviétique et post-soviétique.

    Le froid, la misère, la guerre, le froid, les camps, la misère, la prison, une   autre sorte de camp, l'orphelinat, Lénine, Staline, le communisme, la Patrie, les Héros, les guerres, les hommes , les femmes, la vodka, les patates, l'amour et les livres, encore des livres...

    Un peuple malmené depuis toujours , qui a été transcendé par un dogme, le communisme, qui faisait de leur pays le plus grand pays de monde...

    Ils ont gagné la guerre (contre Hitler) , des valeurs communes sur ce qu'est  l'homme soviétique, des héros vénérés, des peuples amis pour faire face au reste de la planète et en 1990 un séisme, violent, destructeur pour lequel ils n'étaient pas prêts : liberté/capitalisme.

    Que devenir quand toute sa vie n'a plus de sens, que toutes les valeurs qui définissaient le bien et le mal se retrouvent renversées, retournées et finalement inversées. Comment garder le sens de sa vie ? 

    Reste la guerre, la vodka et la violence ...

    Un livre qui m'a captivé tant pour l'Histoire que les histoires des uns et des autres et qui m'éclaire sur la place et le rôle de Poutine ainsi que sur "l'esprit Russe".

    smilesmilesmilesmile

     

    Challenge globe trotteurs 

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