• Petit pays  Gaël Faye

    Ce petit pays c'est le Burundi juste à côté du Rwanda mais c'est aussi le Rwanda, deux vases communicants, d'ailleurs quand on regarde une carte encore une fois on se demande comment et pourquoi on a fait de telles découpes et dans ce petit pays vivent majoritairement des Hutus et des Tutsis. Les conflits d'un côté de la frontière s'exportent de l'autre côté sans difficulté...

    C'est un jeune garçon qui nous raconte à hauteur d'enfant ses dernières années de vie au Burundi. Dans une famille mixte franco-rwandaise, lui et sa soeur vivent confortablement dans une impasse où lui et ses copains sont les rois. Peu à peu vont se mêler les envies de grandir en refusant l'autorité et les conflits des adultes. La bande se sent attirée par la violence attisée par un nouveau venu. Les adultes sont occupés à écouter et interpréter des informations diverses qui toutes soufflent sur les braises d'un conflit qui ne demande qu'à repartir. Explosion au Rwanda suivi par le Burundi, les grands massacres sont lancés et les survivants ne s'en sortent pas indemnes.

    L'originalité de ce roman est son narrateur, il offre un roman d'apprentissage en temps de guerre qui parait complètement crédible et garde pourtant une part de la candeur de l'enfance.

    Je trouve ce texte sensible et réussi sans pour autant me sentir emportée comme je l'aurais sans doute été si je l'avais lu plus jeune et je ne m'étonne pas que des lycéens ait pu donner un prix à ce roman.

    smilesmile 

    Challenge Globe-trotteurs : Burundi

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  • La Civilisation, ma Mère! ...   Driss Chraïbi

     

    C'est une déclaration d'amour de deux fils à leur mère.

    Une mère, orpheline, épousée à treize ans, inculte, pétrie d 'habitudes et de superstitions , enfermée dans sa maison... Cette mère, ses deux fils auraient pu l'ignorer, se moquer d'elle et la laisser dans son univers, ils vont choisir une autre voie. Ils vont sortir leur mère, en cachette du père, lui montrer la ville, la vie, lui apprendre à lire et lui offrir la possibilité de devenir adulte, de grandir. Elle va s'emparer de tout ce qu'elle pourra avec ferveur, changer, s'instruire, s'émanciper au-delà de ce que l'on aurait pu imaginer.

    C'est un très joli roman, plein de tendresse envers cette mère-enfant, rempli d'espoir et qui ouvre les portes pour une place différente pour les femmes. 

    Un auteur vers qui je reviendrai. smilesmilesmile

    Challenge Globe-trotteurs : Maroc

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  • Pourquoi tu danses quand tu marches Abdourahman A. Waberi

    Roman autobiographique d'un enfant de Djibouti... qui n'était pas encore Djibouti.

    En réponse à une question de sa fille, celle du titre, l'auteur remonte le passé et nous conte plus qu'il ne raconte son enfance, sa famille, la vie du quartier .

    Enfant chétif, ses débuts de vie furent compliqués, heureusement une grand-mère sera son point d'appui, celle qui l'aidera à grandir. Victime toute désignée des brutes de la cour d'école, les violences subies auront de lourdes répercussions sur toute sa vie. Pourtant l'école c'est le lieu des mots, de la lecture, de l'écriture tout ce qui va ancrer l'auteur dans la vie. 

    Avec ses souvenirs, on traverse les anciens territoires coloniaux, les hommes politiques phares d'une époque, les changements sociaux dans les groupes autochtones, les rapports entre Français de France et Français d'Afrique...

    Rien de plaintif ici, si ce ne sont les pleurs d'un bébé souffrant, une acceptation, une volonté qui lui ont donné une vie riche alors que les fées avaient un peu oublié son berceau.  Une belle histoire.

    smilesmile

    Challenge Globe-trotteurs : Djibouti 

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  • Et ne jamais la laisser partir Ann Rule

    Estampillé  thriller , je m'attendais à une enquête, du suspens quelque chose comme ça et bien erreur . Ici on a un long, très long, (trop long) récit qui remonte à  la génération précédente, pour arriver aux protagonistes du jour l'avocat manipulateur et la jeune femme fragile psychiquement tombée dans ses griffes.  Il est le vilain et c'est vrai qu'il use et abuse de son pouvoir sur des femmes fragiles et sans doute les a-t-il choisies pour cela. 

    Hélas, je n'ai pas réussi à être émue par un des personnages , le récit est tellement détaillé qu'à mon goût il perd toute saveur. Bref si ce n'était pour valider un challenge j'aurais refermé ce livre qui fait quand même plus de 500 pages ! 

    smile 

    Challenge USA : Delaware

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  • Le couperet Donald Westlake

    Cadre intermédiaire dans le domaine de la fabrication de papier, Burke est depuis trop longtemps au chômage. Après réflexion  et une analyse très juste de la situation, il décide qu'il doit défendre ce qui fait sa vie au mieux, le mieux n'étant pas le plus juste. Ne pouvant renverser le système, il décide d'éliminer ses concurrents directs, d'autres hommes au chômage et qui veulent le même poste que lui. C'est ainsi que cet homme, digne représentant de la classe moyenne américaine se transforme en serial killer!

    L'idée est géniale, l'analyse de la situation saignante, Burke est un personnage étonnant et déroutant tout cela était bien parti mais la répétition des crimes m'a lassée, la fin fut longue à venir, dommage. 

    smilesmile 

    Challenge USA : Connecticut 

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  • Tropique de la violence  Natacha Appanah

    Moïse, un prénom à être sauvé des eaux...ou pas.

    Là bas, dans les  Comores, l'île française attire nombre de migrants comme en Guyane ou aux Antilles , un bout de la France c'est mieux que rien . C'est dans ces bateaux de migrants qu'est arrivée la mère d'un enfant aux yeux vairons, ces yeux du diable en occident, du djinn ici, un enfant donc effrayant dont il faut se séparer. Ca tombe bien Marie l'infirmière est en mal d'enfant, seule, perdue dans sa vie, cet enfant elle l'attendait depuis longtemps. Alors pendant un temps Moise est sauvé. L'adolescence lui fait basculer tout . Sa vie s'est mise à vaciller et la mort de Marie l'a plongé dans un autre monde. Ce monde c'est celui des enfants miséreux, perdus, violents, camés, monde dans lequel Moïse va sombrer .

    Ce roman est très beau même s'il est d'une très grande tristesse, si peu d'espoir, pas d'espoir du tout d'ailleurs, un lourd  et noir constat sur la situation. Je ne m'attendais pas à une île paradisiaque mais j'ai été très surprise de la violence et du désespoir décrit. 

    smilesmilesmile

    Challenge Globe-trotteurs : Maurice 

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  • Dem William Melvin Kelley

     

    New-York dans les années soixante et les déboires d'un couple de la classe moyenne ... Et quels déboires , la dame met au monde des jumeaux, un blanc un noir, pas d'autre explication que d'avoir couché avec un homme...noir , on a le droit bien sûr mais pas facile à assumer socialement .

    Les détours et contours pour trouver une sortie honorable à la situation sont assez drôles mais ce n'est pas le seul point qui est mis à nu dans ce roman. On est très loin de l'égalité homme/femme  et la place des celles-ci est peu de chose . Les relations blancs/noirs ne sont guère mieux. Ce n'est pas pour autant que l'homme blanc et riche bien installé dans la société est plus heureux, balloté d'une norme à une autre il a bien du mal à savoir ce qu'il veut.

    Ce roman n'a pas la force de "Un autre tambour" du même auteur, la construction est un peu confuse mais la férocité de l'éclairage posé sur les personnages vaut la lecture . 

    smilesmile

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  • Homesman  Glendon Swarthout

     

    Excellent western, (j'avais vu le film très bon lui aussi) où les femmes ont une place prépondérante sans que ce soit surjoué comme dans "Les femmes d'Hesery Ranch".

    La conquête de l'Ouest ne s'est pas forcément faite dans la joie et la bonne humeur . Dans les alentours de la ville de Loup, la vie est rude pour les familles de pionniers, climat rigoureux, manque de nourriture, de soins, de voisins, les familles se retrouvent bien souvent coupées de tout et de tous pendant l'hiver. Les femmes ,qui travaillent comme des hommes ( on manque de bras), ont en plus la charge des grossesses, des soins aux enfants ... Pour certaines, trop c'est trop, le mental se fissure, craque et elles deviennent folles. Quatre d'entre elles sont concernées cette année là et le mieux qu'on puisse leur proposer c'est de les convoyer vers l'est, d'où elles viennent, en espérant que leur famille les prendra en charge.

    C'est Cudy, une célibataire, institutrice  qui s'y colle en s'adjoignant les services d'un homme trouvé quasi pendu à un arbre.

    Le trajet est long, les épreuves difficiles, Cudy essaie de maintenir de l'humanité chez les "folles" et tente aussi de "civiliser" l'homme perdu. C'est l'histoire de ces femmes que nous raconte ce livre. 

    Je trouve que tout est réussi, les personnages sont crédibles, il y a juste ce qu'il faut de péripéties pour rendre le récit de voyage accrocheur et ce n'est pas dégoulinant de bons sentiments c'est parfaitement mis en perspective avec l'époque.

    smilesmilesmile

     

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  • L'accordeur de silences  Mia Couto

     

    Plongée dans la folie d'un homme qui embarque ses enfants dans un coin perdu loin de tout et de tous, un ex-soldat les accompagne et un oncle passe de temps en temps apporter l'indispensable.

    La première partie raconte la vie dans ce lieu par le plus jeune des fils, celui qui n'a aucun souvenir d'un avant. Cela pourrait être effrayant, tant le délire du père est puissant mais l'auteur a choisi une écriture poétique et truffe le récit de mirages magiques qui adoucissent la cruauté de leur quotidien. Dans la seconde partie , arrive une femme et là je me suis un peu perdue avec l'ajout de l'histoire de cette femme , même si à la fin elle lie toute l'histoire. 

    Ce roman est sans doute trop fantasmagorique pour moi mais il a une écriture d'une réelle qualité. smilesmile

    Challenge Globe-trotteurs :  Mozambique

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  • L'armée des ombres  Joseph Kessel

     

    Le texte est très proche du film, le film me glaçant le sang, le livre en a fait tout autant ajoutant une admiration sans borne pour ces femmes et ces hommes. 

    Des hommes bourrus, des ouvriers, des paysans mais aussi des intellectuels ou des notables, des femmes aussi, beaucoup de femmes, des femmes indispensables à qui Kessel rend hommage avec un profond respect pour leur engagement, il y a un peu de toute la France dans cette armée, venus pour des raisons différentes mais tous unis contre l'ennemi. C'est en suivant Gerbier et son groupe que l'on traverse la France en passant par Londres . 

    On est en 1943 quand Kessel écrit ce texte, mi-roman , mi-journal , lui-même impliqué dans la résistance, personne à ce moment ne sait comment finira la guerre, donnant encore plus de tragique aux  engagements et aux questionnements des protagonistes .

    Aurais-je su être des leurs ...cette question, ayant eu l'extrême chance de vivre en paix depuis ma naissance,  reste (et restera je l'espère) sans réponse.

    smilesmilesmile

     

     

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