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    Un homme, Al Kenner, emprisonné, un géant de 2,20m , livre le récit de sa vie . Cet homme a tué ses grands-parents. Il a été interné puis considéré comme guéri et remis en liberté. Avec cette deuxième partie de vie, il a essayé de faire au mieux mais il est retombé encore plus violemment du côté où il penchait. Cet homme a réellement existé et fait partie des grands meurtriers des USA. 

    Le mal est-il tapis en lui comme le pense sa mère ou a-t-il été savamment semé par cette même mère, l'auteur évite bien de se prononcer. C'est une des forces de ce roman, soulever un coin du drap qui cache cet homme, nous montrer, puis reposer, soulever le drap à un autre endroit sans jamais nous montrer la totalité de l'âme du géant. Peut-on d'ailleurs  jamais montrer le tout d'un être humain....Al Kenner est un individu qui a souffert, souffre et fait souffrir. Très détaché des affects,  se réfugiant derrière son intelligence et une certaine morale (aussi curieux que ça paraisse),  il n'est pas très facile à apprécier .

    Circonstances atténuantes et perte de toute humanité dans ses actes se suivent et se heurtent , Du coup on oscille entre un élan de sympathie et une franche répulsion.

    L'auteur ne ménage pas le lecteur, non seulement par les actes relatés mais surtout par le balancement de sentiments qu'il fait naître.  Je découvre cet auteur avec ce titre et je sais que je lirais d'autres titres de lui car la lecture de ce livre fut d'une certaine manière, envoutante .  smilesmilesmile

      

    Avenue des géants  Marc Dugain   ici

    Challenge Mauvais genre Babelio  ici

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    La famille Goodenough est venue s'installer , ou plus exactement s'est échouée dans la région du Black Swamp dans l'Ohio.  La région est peu favorable aux nouveaux arrivants, marécages, fièvre des marais, terre envahie d'arbres, le travail est rude et le rendement minimum. Les Goodenough ajoutent à ces conditions, une mère qui boit, s'occupe peu de son foyer, n'a pas un élan maternel très développé et un père qui se réfugie dans son verger et ses pommiers. La guerre, entre ces deux là, fait vvire les enfants dans une ambiance délètère. Les enfants meurent de la fièvre des marais et ceux qui survivent, s'étiolent à petit feu dans la violence et le manque d'amour.

    Comme dans tout couple en conflit, peu importe le sujet de la bataille l'important est qu'il y ait bataille, ici, ce sont les pommiers, sucrés ou à cidre qui sont l'enjeu apparent, chacun défendant fermement son point de vue. Le conflit finira en drame . Robert, le fils le plus proche du père partira vers l'ouest et trouvera à utiliser sa passion pour les arbres.

    Les arbres sont le sujet principal du roman, pourquoi pas, si ils sont intégrés au récit de façon harmonieuse, hors ici j'ai souvent eu l'impression d'avoir des leçons de botanique, certes intéressantes, mais coupées du récit. Cela ressemble beaucoup aux livres pour enfants du XIXe et début XXe où il fallait que chaque page soit l'occasion d'apprendre .

    Les personnages ne m'ont pas particulièrement accroché non plus. Bref une lecture où je suis restée au bord et qui ne me laissera pas un grand souvenir.

     

    A l'orée du verger Tracy Chevalier    ici 

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  • Les dames du lac

     

     

    Le sujet du roman est connu, décliné sous toutes les formes,bd, films, romans ... la légende arthurienne. J'ai une tendresse pour cette légende alors que le fantastique n'est vraiment pas mon genre de prédilection.

    Merlin, Viviane, Morgane, Arthur, Lancelot, Avalon, Excalibur,  on retrouve ici tous les lieux, personnages, objets qui font le décor de la légende. Pour le fond, intrigues, jalousies, pouvoir, trahison, amour, animent les personnages. 

    Dans ce roman l'originalité tient dans la grande place des femmes de cette histoire. Elles sont mises en avant et l'on s'intéresse plus à leur destin que dans d'autres versions. Si l'idée est bonne la réalisation est poussive. La première moitié m'a emballée, je me voyais déjà lisant les autres tomes, puis mon intérêt a flanché et j'ai fini difficilement ce roman. smilesmile 

     

    Les dames du lac               ici

    challenge mauvais genre Babelio  ici

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  • Le dernier gardien d'Ellis Island  Gaëlle Josse

     

    J'étais persuadée d' apprécier ce roman, vu les critiques positives et l'auteure.... et bien non !

    Le gardien d' Ellis Island va quitter l'ile et ses fonctions après 45 ans de service . Habitant l'île ,en plus d'y travailler, toute sa vie se résume, en gros , à ce lieu.  Lieu chargé d'histoire et d'histoires , qui a vu débarquer des millions d'exilés, qui venaient tous tenter leur chance en Amérique. Ce gardien revient sur les moments qui l'ont marqués. La rencontre avec sa femme, un et une exilé, un collègue, une sorte d'inventaire. 

    L'idée était intéressante mais j'ai trouvé le récit ennuyeux, le narrateur tellement vide de vie que je n'ai pas réussi à ressentir la moindre émotion au cours de son récit. Ce très court roman n'aura pas réussir à me séduire.

    Bref une déception.

    Le dernier gardien d'Ellis Island  Gaëlle Josse   ici

     

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  • Retrouver Walt Longmire et le Wyoming est toujours un plaisir pour moi. Celui-ci ne fera pas exception, même si j'ai mis un petit peu plus de temps à entrer dans l'histoire. Une enquête avec Walt Longmire, c'est avancer à petits pas, pas d'équipements sophistiqués mais une équipe réduite au minimum, le "flair" du bon flic,t la force de la loi et la conviction de sa justesse.

    Démarrant sur quelques soupçons sur la santé mentale d'une vieille dame, Walt va découvrir un gamin en fugue , gamin qui cache une secte avec fond de maltraitance, abus sexuel , violence bref une de ces joyeuses sectes aux interdits et intérêts malsains. A cheval sur deux états, Walt va devoir croiser ses intuitions avec ses collègues pour découvrir ce qui se cache derrière la secte...

    Un récit en forme de poupée russe qui fait la part belle à Walt et sa coéquipière Vic, une petite participation de l'Ours et le Wyoming ! 

    smilesmile

      

    La dent du serpent  Craig  Johnson    ici

    Challenge mauvais genre Babelio

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  • Les fantômes du vieux pays  NathanHill

    Samuel, prof de littérature à l'université s'ennuie sec face à ses élèves et se défoule dans le monde du jeu virtuel. Un jour, il apprend par l'avocat de celle-ci, que sa mère a agressé un homme politique en lançant des cailloux sur lui. L'avocat demande à Samuel de témoigner en faveur de sa mère. Hors Samuel a vu sa mère partir quand il avait une dizaine d'années et n'a plus jamais eu de nouvelles. Il lui est difficile de raccommoder un lien aussi distendu. Parallèlement, son éditeur, à qui il doit un livre, lui propose d'écrire un livre de témoignage sur sa mère, un livre facile, racoleur et qui montre la face noire de sa mère.

    Samuel décide d'enquêter sur le passé de cette mère. Au travers de l'histoire de sa famille et de gens ordinaires, il nous entraine avec lui des années soixante à aujourd'hui.

     Voilà un roman étonnant !

    L'auteur nous offre de beaux personnages, complexes mais non héroïques  qui se dépatouillent tant bien que mal et plutôt mal avec leur vie, leurs erreurs, leur culpabilité, leurs regrets...

    Cesser de jouer à être ce que l'on croit devoir être pour accepter d'être qui on est, est un long chemin, souvent celui de toute une vie , pour autant ce n'est pas un livre philosophique. Ce n'est pas non plus tout à fait une critique sociale et pourtant le capitalisme made in USA est sérieusement égratigné. Ce n'est pas non plus tout à fait une histoire d'amour et en même temps l'amour reste un objectif puissant dans la vie.

    Bref il n'est pas et il est, ce qui le rend riche, parfois étonnant, avec une construction façon puzzle et il se lit "tout seul" tout en amenant une pointe de réflexion.  Pour un premier roman, c'est un beau coup ! smilesmilesmile

     

    Les fantômes du vieux pays  NathanHill 704 pages   ici

    Les fantômes du vieux pays  NathanHill   ici 

       

    Babelio challenge multi-défis 77. Le coup de cœur 2017 d'un autre challenger  (Allantvers )

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    Les cavaliers de Kessel, sont Afghans, descendants des puissants Mongols, vivants comme eux dans la vaste steppe. Ils n'ont qu'une passion le cheval et le Bouzkachi,  où le meilleur cavalier remporte argent mais surtout la gloire et  le respect dû à cette caste admirée des tchopendoz. 

    C'est autour de ce jeu, que Kessel tisse son roman pour nous offrir d'un côté des personnages imposants, grandioses et de l'autre un pays magnifique et rude.

    Ouroz grand tchopendoz , fils du très grand Toursène, a failli, il n'a pas remporté le bouzkachi royal car il s'est cassé une jambe pendant la partie. Il va décider de rentrer chez lui par le chemin le plus long accompagné de son étalon Jehol, et de son saïs Mokkhi.

    Ils vont rencontrer au long de leur route, des peuples divers qui se croisent dans des paysages excessifs. Ils trainent, chacun, leurs coutumes, leurs peurs, leurs chants, respectant un ballet bien ordonné où chacun sait qu'elle est sa place. La mosaïque de peuples qui compose ce pays offre des couleurs, des odeurs qui dansent sous nos yeux.

    C'est un pays violent  que nous décrit Kessel , avec des hommes qui le sont tout autant, la passion fait rage, la colère l'emporte, les coups pleuvent, la douleur est une compagne mais quelle force  se dégage de ces hommes ! Et je dis bien homme, ne parlons pas des femmes qui ne sont rien si ce n'est source de problèmes...

    Il faut abandonner nos valeurs et habitudes pour goûter ce texte dont l'écriture prend le temps de nous emmener et nous permet de découvrir hommes et pays que nous ne pourront plus voir. Les hommes y sont sauvages et durs comme leur terre, la sensiblerie n'est pas de mise, ils n'en sont pas moins humains , pétris de doutes et de question sur le sens de la vie. 

    Un très beau et grand roman qui nous habite encore une fois refermé.

    smilesmilesmilesmile

      

    Les cavaliers  Joseph  Kessel  ici

    Babelio challenge multi-défis 67. Un roman d'un auteur récompensé du prix Nobel de littérature

     

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  • Cyranno de Bergerac  Edmond Rostand

     

     

    Cyrano le gascon, c'est  l'honneur, la liberté, l'épée, la langue acérée. Irrespectueux, il aurait pu être le 5e mousquetaire. Il s'inscrit dans la liste des grands personnages des romans de cape et d'épée. On connait bien son nez et son panache mais le texte nous parle de l'amour. Amour éperdu de Cyrano pour Roxane, amour d'un joli minois pour Christian , amour de l'amour pour Roxane, un trio qui se trouve empêtré dans des représentations de l'amour, dans ce qu'on veut en montrer, dans ce qu'on veut en voir et qui passe à côté de l'essentiel.

    C'est beau, c'est triste, c'est grand et c'est dit avec une écriture et une sensibilité telle qu'il n'y a pas que les larmes de Cyrano qui coulent ...

     smilesmilesmilesmile

     

    Multi-défis Babelio59. Un livre dont le titre se compose exclusivement d'un nom ET d'un prénom

     

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  • La mémoire est une chienne indocile  Elliot Perlman

     

    Je ne sais plus pourquoi ce livre était dans ma PAL, sans doute parce que j'en avais lu de bonnes critiques  mais finalement rien n'allait: le thème, la seconde guerre mondiale, je n'ai pas envie de lire sur le sujet, la forme"roman foisonnant" ça ça veut dire, on mélange des époques, des narrateurs et je trouve que c'est rarement réussi et le tout sur plus de 750 pages ! De quoi renoncer !!!!   Mais je m'étais engagée à le lire ... et bien m'en a pris.

    Ce n'est pas un roman facile ni par la forme ni par le fond mais c'est un roman qui mérite l'effort qu'il demande. Il parle certes de la seconde guerre et des camps mais il parle de bien plus que cela. L'auteur ne nous berce pas, de la violence de la ségrégation anti-noirs aux USA à l'extermination des juifs dans les ghettos puis les camps, il n'allège pas les situations. La première moitié du XXe siècle et ses massacres, occupe la totalité du roman et quand on se prend à penser que ça va mieux aujourd'hui il nous remet un coup sur la tête pour nous ramener à une réalité qui n'est toujours pas un modèle de respect de l'autre. Les personnages se croisent et se recroisent, l'Histoire mais aussi leur histoire , tissent un filet où l'un renvoie à l'autre, la petite et la grande histoire, se heurtent et construisent le destin d'hommes et de femmes qui n'en demandaient pas tant.

    Un roman qui amène à se demander  qui sont aujourd'hui les exclus d'hier et qu'elle est la place que l'on occupe dans tout cela....

    Un roman dérangeant qui secoue et bouscule le lecteur et où l'on ne peut que se questionner sur ce qui fait l'humain.

    Un roman qu'il faut lire.   smilesmilesmilesmile

    Babelio challenge multi défis 71. Un livre que j'appréhende de lire (thème, style, auteur, épaisseur...)

    La mémoire est une chienne indocile  Elliot Perlman   ici

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  •   Les misérables  Victor Hugo  

    J'ai découvert Les misérables vers 10 ans, on m'avait offert les deux tomes adaptés pour les enfants. Tout dans l'histoire de l'enfance de  Cosette me parlait, les Thénardier, Fantine et le sauveur Jean Valjean, quel espoir offrait ce livre !  J'ai remis d'année en année la lecture du"vrai"roman... et je viens de m'y atteler.

    Victor Hugo est un très grand conteur mais Les Misérables, ce n'est pas qu'une très belle histoire ; il y a des réflexions philosophiques, sociales, politiques, historiques . C'est un vaste roman, riche et passionnant d'autant plus qu'il est soutenu par la magnifique histoire de Jean Valjean. Jean Valjean, ce forçat, au coeur dur, qui va trouver dans la rencontre avec l'évêque de Digne, la force de se racheter et de faire du bien aux autres. La vie va s'opposer plusieurs fois à lui, dans la personne de Javert, représentant d'une société qui ne pardonne jamais et rattache l'homme à sa faute initiale toute sa vie. Malgré, l'acharnement du destin, Jean Valjean arrivera à sauver la petite Cosette, le joyau de sa vie.

    Paris, qu'Hugo connaît par coeur et adore, offre un bel écrin pour la rédemption du forçat et l'éveil de Cosette. Il excelle aussi à construire les personnages qui vont croiser le chemin de ces deux là, en en faisant des portraits taillés comme des pierres à facettes. 

    Ecrit il y a cent cinquante ans, l'écriture n'a pas vieilli  sa richesse est un plaisir , seules les références politiques sont un peu éloignées de nous . On se laisse emporter par ce très beau personnage qu'est jean Valjean.  Un  très grand texte  smilesmilesmilesmile

    Babelio multi-défis item 79. Une des 110 œuvres préférées des Anglais selon le classement de la BBC 

     

    Les misérables  Victor Hugo     992 pages      ici

     

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